A méditer...

Libérez-vous du bien-être

3 mai 2018

« Le malheur du bien-être c’est de nous faire croire qu’il faut fuir l’état dans lequel on est ».
Fabrice MIDAL

Ce que je trouve intéressant dans la méditation, c’est que l’on s’ouvre à quelque chose de plus grand que soi. Quelque chose de plus essentiel, de plus vaste que nos petits projets habituels sur nous et notre état d’être.

Pour le dire plus clairement, je pense que la méditation nous libère de cette quête du « bien-être » que l’on voit partout, tout le temps et à toutes les sauces.

Méditer c’est entrer en présence à ce qui est. C’est apprendre à aimer qui l’on est, sans condition. Aucune.

Il n’y a donc pas besoin d’aller « mieux » ou « bien ». Il n’y a ni projet, ni injonction, ni confort, ni inconfort recherchés. Lorsque je vais mal et que je pratique la méditation, j’entre tout simplement en rapport à ma douleur, ma colère, mes difficultés, mes insuffisances, mes souffrances, mon dégoût, mon désarroi… Il n’y a là aucun bien-être pour tout dire. A des moments, c’est joyeux, doux et agréable (bien heureusement), mais je vois tout cela et je garde un pas de recul. En pratiquant, je m’exerce à ne pas juger, à ne pas m’identifier à tous ces états émotionnels, qu’ils soient inconfortables ou plaisants. J’accueille tout simplement ce qui est tel que cela est. Je ne change rien. J’arrête ce tri qui ne mène à rien, entre ce que qui me plait et ce qui me déplait, où tout est passé au crible étriqué de ma petite personne et son « bien-être ».

C’est pourquoi, la méditation libère du bien-être, dans le sens où il n’y a pas à atteindre un état particulier mais juste à entrer en rapport au mystère d’être un humain sur cette terre. La méditation n’a de sens pour moi que si elle préserve ce mystère et non pas en devenant un nouveau produit « bien-être » séduisant et à la mode, réduisant ainsi la méditation à un outil de gestion de soi pour être « bien », conforme au projet que l’on a sur soi.

Je ne vois pas quel est le sens de cette mode du « bien-être » vendu sous forme de massages, yoga, méditation, salon, spa, coffret bien-être, nutrition bien-être , boissons et huiles apaisantes !? J’ai l’impression que l’on veut nous endormir, nous passer de la pommade, nous mettre dans du lait chaud pour ne plus sentir l’inconfort de la vie et surtout pour que nous restions sages. Il n’y a qu’à voir la surenchère de programmes « bien-être » dans nos entreprises alors même que le management et la désorganisation écrasent les individus. Les salariés ont-ils besoins de bien-être ? Ne veulent-ils pas simplement pouvoir faire leur travail dans des conditions décentes et efficaces ?

A l’écriture de ces quelques lignes je vois d’ici les objections qui vont fuser (là, je fais les questions et les réponses en même temps) : « mais il n’y a pas de mal à vouloir se faire du bien, non ? », « quel mal y a-t-il à vouloir un peu de bien-être ? ». Réponse : « rien, il n’y a aucun mal à vouloir un peu de bien-être. C’est juste que ça n’a rien à voir avec la pratique de la méditation ».

Le « bien-être », c’est la nouvelle promesse à la mode et comme toute promesse, elle n’engage que ceux qui l’écoutent.

Vous l’aurez compris, si vous venez pratiquer au sein de notre association Méditer à Compiègne ce ne sera en aucun cas des sessions « bien-être ». Je préfère que ce soit clair pour tout le monde.

Cela à plus à voir avec le fait d’entrer de plein pied dans son expérience, d’apprendre à apprécier son existence telle qu’elle est, sans compromis, sans faux-semblant, sans rien changer.

C’est la bienveillance et la compassion que l’on a pour soi-même qui permettent de faire le chemin pas à pas. Et non pas la recherche du bien-être.

Libérez-vous du bien être !

Thomas