Stage du 18 au 23 juillet – L'Ecole de Méditation 

De quelle confiance parle-ton ? En quoi ce stage nous permet de toucher un sens de confiance en la vie ?

La plupart du temps, on parle de « confiance en soi » et on entend par là le fait de réussir, d’être le meilleur, d’être sûr, d’être réassuré, de dominer, de contrôler la situation…

Ce que j’ai découvert dans l’École au travers de ce stage et des enseignements, c’est qu’il s’agit plus de « se confier » à la présence que de vouloir tout contrôler.

Le mot confiance a des liens étymologiques étroits avec le verbe latin confidere qui signifie « se confier ».  C’est comme pour un ami en qui on a pleinement confiance, on est disposé à se confier à lui, on ne se sent plus jugé, on se sent entièrement accepté. On sait qu’avec lui, on peut se détendre car il sait apprécier pleinement nos qualités et nos défauts.

S’en remettre à ce qui se passe

C’est l’expérience que l’on peut faire dans la pratique de la méditation : on se confie au son qui nous parvient, on se confie à l’assise sur le coussin, on se confie au souffle de la vie qui nous anime et on peut même se confier à nos pensées, à nos émotions, à nos tensions…. On s’en remet à ce qui se passe sans vouloir le changer et on découvre ainsi que l’on peut se foutre la paix et se détendre pour de bon dans ce que l’on est, tel que l’on est.

C’est comme lorsque l’on danse, au début on panique on réfléchit à ce que l’on fait, on essaye de gérer, de contrôler, voire de faire bonne impression mais en faisant cela on ne danse pas. Et à un moment on s’abandonne à la danse, on se confie au mouvement même, on se confie au rythme de la danse sans se soucier de ce que l’on peut en penser ou de savoir si on « assure ». On touche un sens de confiance parce que l’on se fout la paix. On danse et on sent que c’est bon !

Apprécier la bonté d’être au monde

On pourrait croire à tort que le stage 2 sur la confiance nous parle d’autre chose que le stage 1 sur la présence. En fait, dans le stage 2, on entre simplement dans la profondeur de l’expérience méditative, notamment en explorant nos perceptions corporelles qui n’ont pas de limite. En explorant ce monde infini, on apprécie pleinement la bonté et la joie d’être au monde.

C’est de cette reconnaissance profonde, du caractère fondamentalement bon et précieux de la vie, que nait la confiance. Non pas la confiance ordinaire dont on nous parle dans les magazines, mais une vraie confiance en la vie : une confiance inconditionnelle !

Moi, ce qui m’a le plus étonné sur ce stage, c’est de voir combien c’est simple et profond à la fois. Il y a juste à s’asseoir et à demeurer assis. Ainsi, on se relie naturellement à la vie, on se re-synchronise avec elle, c’est de là que naît une confiance nouvelle, fraiche, vive et ouverte !

Bienvenue à tous sur le stage 2 !

Thomas Gusatto

L’hiver est le temps du grand silence de la Terre, du repos de la nature ; il est un temps où tout se pose, tout se repose et se prépare à la germination du printemps.

C'est une période que j'affectionne tout particulièrement car elle nous invite au recueillement. Elle est une traversée de l'obscurité, à l'instar des ombres que l'on rencontre dans la pratique et que l'on traverse avec douceur et confiance. Le printemps revient toujours...

Les jours prochains, nous méditerons pour célébrer l’entrée dans l’hiver. Puis le solstice d’hiver inaugurera le retour de la lumière au creux de la nuit la plus longue de l’année.

C'est un moment important et je vous invite de tout cœur à venir pratiquer sur ces dernières dates de l'année 2017. C'est célébrer avec beaucoup de dignité et de présence la vie toute entière faite d'ombre et de lumière.

Thomas

Je remercie Sophie Leduc d’avoir partagé récemment une petite vidéo qui dénonce la multiplication dans notre espace public des « dispositifs anti-sdf » : bancs avec un accoudoir au centre, pointes au sol, rochers, plots, massif de cactus à l’entrée des résidences et même une douche froide automatique dans un parking privé... Rien que le terme « dispositif anti-sdf » fait froid dans le dos.

J’ai le sentiment que l’on veut juste déplacer le problème. Eloigner la pauvreté, la misère et la perte de dignité de nos yeux.

Pourtant, je sais que fermer les yeux sur notre propre souffrance et celle des autres nous éloigne de notre coeur et de la vie réelle faite à la fois conjointement de souffrances et de joies. C'est comme si tout devenait faux, terne, sans saveur... dans des rues parfaitement ordonnées, desquelles on a retiré des êtres humains devenus gênants, comme on retire un papier sale... Je suis si triste, car au fond, c’est notre humanité à tous qui est ici mise en danger.

Voir quelqu’un de démuni qui dort à même le sol nous touche. Nous pouvons faire comme s’il n’était pas là, feindre l’ignorance, tenter un geste ou un regard… Peu importe, nous sommes touchés, notre carapace tombe un instant comme pourfendue par le tranchant de la misère.

Quel lien avec la méditation me direz vous ?... Eh bien méditer, c’est être disposé à s’ouvrir, sans résistance ni timidité, et à faire face au monde. C’est faire preuve d’un vrai courage : celui d’être tendre.

Thomas

On m’a posé cette question récemment : « si on ne médite pas pour s’améliorer, mais alors pourquoi méditer ? »

C’est parfois approprié de vouloir s’améliorer et progresser. On se met la pression pour cela et on fait notre maximum, avec des réussites et des échecs. Le problème, c’est que l’on finit par appliquer cette logique partout, pour tout et tout le temps : le travail, le sport, l’éducation des enfants, la vie de couple…

Personnellement, je suis le premier à être perfectionniste et critique dans tout ce que j’entreprends et je m’énerve facilement quand je n’y arrive pas comme je veux.

La pratique de la méditation est précieuse justement parce qu’elle n’a pas d’objectif. Parce qu’il n’y a rien à réussir et rien à rater, on se donne le droit d’être tel que l’on est. C’est ce que j’aime dans la pratique : pas de tri dans ce qui me plait ou ce qui me déplait, pas besoin de critiquer ou de changer quoique ce soit pendant un instant. OUF !

C’est très réconfortant et déculpabilisant. Je n’ai ni à être plus calme, ni à être plus efficace, ni à être moins confus, ni à être plus détendu, ni à bien pratiquer… Rien de rien, de rien !

Je reviens simplement à mon souffle avec délicatesse. La douceur de l’air que j’expire est tout ce dont j’ai besoin à cet instant… Tout est ré-accordé, rien ne manque.

Thomas

Beaucoup de managers avec lesquels je travaille attendent des méthodes pour « avoir plus de temps et en faire plus », pour « être encore plus performants »... On ne me demande jamais : « quand dois-je m’arrêter pour faire une pause ? ».

Ceci montre bien qu’il nous faut d’abord gagner en lucidité. Plutôt que de courir et vouloir en faire toujours plus, ne faut-il pas d’abord faire le tri ? Est-ce raisonnable de chercher des outils, des méthodes, voire même des super-pouvoirs pour en faire encore plus ? Savons-nous seulement ce qui nous pousse à réagir ainsi en permanence ? Pris par toutes sortes d’activités, d’urgences et d’exigences, sommes-nous encore en mesure de distinguer ce qui est important ?

Avec l’expérience et la pratique de la méditation, je suis convaincu que le plus important pour nous est d’apprendre à ne rien faire. S’asseoir un instant avec tous nos problèmes, nos espoirs et nos peurs pour y voir clair. Contrairement à ce que l’on peut croire, méditer est le sommet de l’action. C’est un engagement total de tout notre être.

Thomas

Comme vous le savez pour la plupart d’entre vous, j’aime la saga Star Wars pour son côté mythique et chevaleresque. C’est pourquoi j’avais envie de vous conter ici une petite partie de l’histoire (totalement à ma façon, je l’assume)…

Lorsque Luc et ses coéquipiers attaquent l’étoile noire, chacun utilise un calculateur de visée pour tirer avec précision, mais ils échouent les uns après les autres. Heureusement, Luc entend la voix de son maître Obiwan qui lui implore d’avoir confiance en la force. Alors Luc débranche son calculateur, il fait confiance à son instinct, tire et pulvérise l’étoile noire.

Ce passage de l’histoire montre combien notre volonté de tout calculer et de tout gérer, en particulier dans les situations difficiles, peut cacher un manque de confiance et une crispation qui nous éloignent de la réussite. A vouloir tout contrôler pour être efficace, on finit par ne pas l’être.

Méditer, c’est débrancher le calculateur pour retrouver la confiance perdue dans son corps, dans ses sensations, dans le présent vivant. C’est s’arrêter un instant d’avoir peur, de vouloir tout saisir, de vouloir tout contrôler, pour entrer pleinement dans la confiance.

Mon message est le suivant : « faites comme Luc, ayez confiance. La force est avec vous ! »

Thomas

« La seule source de connaissance est l’expérience »
A.Einstein

A l'instar d'Albert Einstein, je suis convaincu que nous apprenons exclusivement de notre expérience. Au fond, nous ne pouvons compter sur rien d'autre que notre propre expérience pour vivre notre vie et devenir pleinement nous-même.

Dans mon expérience, c'est en méditant que j'ai appris peu à peu à apprivoiser mes angoisses, mes peurs, mes doutes... Les difficultés et les échecs, loin d'être des impasses, m'ont conduit sur le chemin de la méditation et m'ont rendu plus humain, je pense.

Je suis heureux de voir tant de personnes venir pratiquer tous les jeudis soirs à Compiègne au sein de l'association. Pour chacun, c'est une façon toute simple et très directe d'entrer en rapport à son expérience.

Thomas