A méditer...

Abandonner l’espoir

13 janvier 2019

J’ai trouvé ce slogan dans le livre de Pema Chödron « quand tout s’effondre ».

Un message à contre-courant de la pensée positive, du bien-être et autres méthodes de développement personnel à la mode. Un message qui ne nous vend pas du rêve et nous interpelle. Quelques mots qui touchent au plus intime : cet espoir que nous avons d’aller mieux.

Pratiquer la méditation n’apporte ni tranquillité, ni confirmation. En fait, quand on pratique la méditation, on prend courageusement acte de l’impossibilité de se saisir, de s’établir définitivement en tant que MOI et on commence ainsi à acquérir le talent du non-espoir. Cette expérience d’absence totale d’espoir, de total abandonnement est en fait le commencement. Si nous n’abandonnons pas l’espoir, c’est-à-dire l’idée qu’il existe quelque part un endroit où nous serions mieux, qu’il existe quelqu’un de mieux que nous pourrions être, alors nous ne nous détendrons jamais là où nous sommes.

Si ça va mal, ça va mal. Cela ne veut pas dire que quelque chose cloche chez nous. Je sais qu’à force de pratique on laisse au fur et à mesure tomber toutes ces histoires que l’on se raconte. Toutes nos pensées liées à nos peurs et nos espoirs deviennent moins solides.

Plus besoin de fuir, en se détournant du problème, ou en s’accrochant à l’espoir de changer notre expérience pour la rendre enfin confortable. On reste simplement là, attentif. Au début, on panique un peu, mais avec le temps, le jeu de l’espoir et de la peur perd de son emprise sur nous et on découvre alors une confiance que l’on ne se connaissait pas. Une confiance inconditionnelle, libre de l’espoir, libre de tout.

Fabrice Midal le dit à sa manière : « restez simplement là, assis, solidement ancré comme une montagne et laisser le souci de soi se dissoudre ».

En image : Pema Chödron et son regard toujours irrésistible...

Thomas